Notre méthode de calcul du PageRank, publiée en entier : les quatre blocs de signaux, leurs pondérations exactes, les sources de données et ce que le modèle ne sait pas faire. Un score d’autorité sans méthode publiée ne vaut rien.
Le principe de la méthode de calcul du PageRank
Le PageRank de Larry Page et Sergey Brin, publié en 1998, tient en une phrase : un lien est un vote, et le vote d’une page importante pèse plus lourd que celui d’une page obscure. Le calcul est itératif — on part d’une importance égale pour toutes les pages, on redistribue selon les liens, on recommence jusqu’à stabilisation.
Nous détaillons cet épisode dans notre analyse de la suppression du PageRank en 2016. Google a cessé de publier le résultat de ce calcul cette année-là. Le calcul, lui, continue : il est cité dans les brevets et les communications techniques de l’entreprise jusqu’à aujourd’hui. Ce que nous faisons, c’est le refaire sur les données publiques disponibles.
Les quatre blocs de la méthode de calcul, et leur poids
Ce tableau est lu directement dans le code du calculateur : si nous changions les pondérations sans mettre à jour cette page, elle se corrigerait toute seule.
Bloc 1 — Autorité de liens, 45 points
C’est le cœur, et c’est volontairement le bloc le plus lourd. Nous ne comptons pas les liens, nous comptons les sous-réseaux référents : le nombre de réseaux IP distincts depuis lesquels au moins un lien pointe vers vous.
La différence est capitale. Mille liens depuis un seul serveur, c’est une ferme de liens et ça ne vaut rien. Cinquante liens depuis cinquante réseaux différents, c’est cinquante décisions indépendantes de vous citer. Le second cas est très difficile à fabriquer, et c’est précisément pour cela qu’il est fiable.
Ce que nous mesurons ici est exactement ce que nos forfaits de netlinking font monter. Source : l’indice public du million de domaines les mieux liés, rafraîchi chez nous tous les mois. Le seuil d’entrée dans cette liste est de 229 sous-réseaux référents : y figurer, même en dernière position, signifie déjà quelque chose.
Si votre domaine n’y figure pas — c’est le cas de l’écrasante majorité des sites — nous estimons votre autorité par votre empreinte de crawl : le nombre de vos pages retrouvées dans le dernier passage du robot d’archivage public du web. Un site que personne ne cite est peu exploré. Cette estimation est plafonnée à 19 points, pour qu’il n’y ait jamais de marche entre le dernier domaine de la liste et le premier qui en est exclu.
Bloc 2 — Popularité, 20 points
L’autorité de liens dit qui vous cite. La popularité dit qui vous visite. Les deux ne se recoupent pas : un site de niche peut être très cité et peu visité, un site grand public l’inverse.
Sources : un classement de popularité issu du trafic réel des résolveurs DNS publics — donc des visites effectives, pas des estimations — et un classement de référence académique du million de domaines les plus sollicités.
Figurer dans ce million vaut d’office 4 points. Les 16 restants se jouent sur la position, en échelle logarithmique : passer de la 500 000e à la 250 000e place rapporte autant que passer de la 2 000e à la 1 000e.
Bloc 3 — Ancienneté et continuité, 20 points
Un domaine qui existe depuis quinze ans a eu quinze ans pour accumuler des citations. Mais l’âge seul ne suffit pas : un domaine déposé en 2008, laissé à l’abandon dix ans puis repris, ne vaut pas un domaine tenu sans interruption.
13 points pour l’âge, mesuré sur la première capture archivée de votre site. C’est notre repère le plus solide, et il est meilleur que la date de dépôt officielle : un domaine qui expire puis est redéposé affiche une date de création récente alors que ses archives remontent bien plus loin. Notre propre domaine en est l’illustration : enregistré à nouveau en 2022, mais archivé depuis octobre 2004.
7 points pour la continuité, mesurée sur le nombre de mois distincts où votre site a été archivé. Quand le décompte mensuel n’est pas disponible — les archives publiques limitent les requêtes lourdes — nous retombons sur une estimation plus prudente, calculée sur l’âge et le fait que le site réponde aujourd’hui, et volontairement moins payée.
Bloc 4 — Santé technique, 15 points
C’est le seul bloc sur lequel vous pouvez agir aujourd’hui, sans dépendre de personne. Nous chargeons votre page d’accueil et nous vérifions :
Contrôle Points Pourquoi HTTPS actif 3 Un site en clair perd la confiance des navigateurs et des moteurs depuis 2018 Temps de réponse 3 Sous 300 ms plein pot ; au-delà de 800 ms, votre budget de crawl se réduit Balise title correcte 2 Présente, et d’une longueur exploitable en résultat de recherche Un seul H1 2 Zéro ou plusieurs H1 brouillent la hiérarchie de la page Méta description 1 Elle ne classe pas, mais elle décide du clic Balise viewport 1 Sans elle, pas d’affichage mobile correct Données structurées 1 Le balisage que lisent les moteurs et les IA génératives robots.txt 1 Son absence n’est pas bloquante, sa présence est un signe de suivi sitemap.xml 1 Accélère la découverte de vos pages
Ce que notre modèle ne sait pas faire
Toute mesure d’autorité a des angles morts. Voici les nôtres, écrits pour que vous sachiez quand vous méfier du chiffre.
Rafraîchissement des données
| Donnée | Fréquence | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Indice du graphe de liens | mensuelle | Un lien obtenu aujourd’hui apparaîtra au prochain rafraîchissement |
| Classements de popularité | mensuelle | Même chose |
| Archives et empreinte de crawl | à chaque calcul | Toujours à jour |
| Audit technique | à chaque calcul | Corrigez un défaut, relancez, le point tombe |
| Votre score | valable 30 jours | Passé ce délai, la prochaine demande relance un calcul complet |
Analyser un domaine Faire monter le score
